Québec adopte 35 mesures

Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Le gouvernement compte notamment interdire, dès cet automne, les phosphates dans les détergents pour lave-vaisselle afin d'endiguer la prolifération des cyanobactéries dans les lacs du Québec.
La ministre de l'Environnement du Québec, Line Beauchamp, a annoncé que le gouvernement adoptera cet automne un règlement interdisant les phosphates dans les détergents pour lave-vaisselle. Elle a fait cette annonce au sommet sur les algues bleu-vert, qui se tenait mardi à Sainte-Adèle, dans les Laurentides.
Actuellement, près de 160 lacs québécois sont touchés par le problème des algues bleu-vert, dont 31 où la présence des algues bleues est généralisée. Selon le groupe écologiste Eau secours, le phosphate est responsable de l'apport de 5 % à 20 % du phosphore dans les lacs, qui favorise la prolifération des algues bleues.
L'algue bleue est une sorte de bactérie, que les scientifiques appellent cyanobactérie. Elle tire son nom d'un pigment bleu, la phycocyanine, qui, de concert avec la chlorophylle, lui donne son apparence bleu-vert. On la retrouve dans tous les lacs du Québec. Sa prolifération excessive est néfaste pour plusieurs éléments de l'écosystème aquatique. Les phosphates encouragent son développement.
Mme Beauchamp demande à Ottawa de modifier son propre règlement sur le phosphate afin que la règlementation soit uniforme au pays. Le Manitoba interdit les phosphates dans les détergents depuis juin.
En tout, Québec adoptera 35 mesures, pour un investissement total de 195 millions de dollars sur 10 ans, dont 113 millions de dollars d'argent frais. Parmi ces mesures, on compte:
Au sujet des bandes riveraines, la ministre a dit qu'elle avait l'approbation de l'UPA pour les élargir dans certaines régions, comme dans la baie de Mississiquoi et dans la région de Nicolet.
Un problème sérieux, mais pas de crise
Le sommet sur les algues bleu-vert était présidé par le premier ministre du Québec, Jean Charest. Selon lui, il ne faut pas simplifier à outrance le problème des algues bleues. Il s'agit d'un problème sérieux, mais pas d'une crise, a-t-il fait valoir.
M. Charest a appelé les participants à déterminer les responsabilités de chacun et à éviter de cibler trop rapidement certains intervenants, comme les agriculteurs notamment.
De son côté, le président de l'Association des entreprises spécialisées en eau du Québec, Frédéric Ayotte, a déploré que les compétences des entrepreneurs en eau ne soient pas systématiquement vérifiées.
Les ministères concernés, les élus des différents partis politiques, les regroupements de municipalités, certains groupes environnementaux et l'Union des producteurs agricoles ont participé à la rencontre.
La rencontre de mardi n'aura toutefois pas fait l'unanimité; les débats ont été tenus à huis clos, sans les journalistes, et d'importants groupes comme Équiterre, Greenpeace ou Nature Québec n'ont pas été invités.
Elle survient au terme d'une tournée des régions touchées par la prolifération des cyanobactéries, effectuée cet été par la ministre de l'Environnement.